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Vers un outil
support pour l'analyse des politiques locales
de prévention des risques inondations
Approches multi-agents
(1999 - 2001)
Fiche de synthèse.
Nota : Dans le présent document, les parties en italique grisé correspondent à une troisième phase non financée dans le cadre de la présente convention.
Résumé
Ce projet a pour objectif de concevoir et développer un outil d'aide à l'analyse et l'évaluation des politiques locales de prévention des risques inondations. Loutil visé est un prototype logiciel comprenant :
un module daide à la collecte et la gestion des informations sur les représentations des enjeux et des acteurs concernés
un module de simulation des interactions entre les acteurs selon différents scénarios (approche multi-agents).
Le projet sappuie sur trois études de cas : deux développées dans le projet 23 (Saint-Pierre Des Corps et Argenton-Sur-Creuse) et une développée par léquipe Développement des territoires montagnards (DTMG) du Cemagref (Bièvre-Liers-Valloire). Les fonctionnalités du logiciels seront conçues en adéquation avec les méthodologies danalyses mises en uvre par ces équipes spécialisées.
Lobjectif de cette phase est de développer un outil support à lanalyse, sous la forme dun système dorganisation de linformation autour de la conception et la gestion des politiques publiques en matière de risque inondation.
Une évaluation des développements nécessaires pour une utilisation par les acteurs terrains dans une démarche participative sera faite par les analystes.
A partir des études de cas du projet 23, et d'autres travaux de l'équipe DTMG, on construira ultérieurement un système multi-agents, à partir d'une base de données adaptée aux besoins de terrain, et dédié à la confrontation des représentations et l'évaluation de l'impact des différents paramètres (spatiaux, sociologiques, économiques, politico-administratifs [LA98]).
Le système sera utilisé au laboratoire dans un premier temps ; son usage sur le terrain (prescription et aide à la négociation) sera étudié.
On attend des résultats généraux en terme de compréhension des conflits et d'aide à la gestion.
Equipes concernées
Cemagref LISC (Laboratoire d'Ingénierie pour les Systèmes Complexes) - Clermont-Ferrand
Cemagref DTMG (Développement des Territoires Montagnards) - Grenoble
Equipe Ville-Société-Territoire, CESA, Université de Tours
Coordonnées complètes du coordinateur
Nils FERRAND, Cemagref LISC, Groupement de Clermont-Ferrand
24 Avenue des Landais - BP 50085 - 63172 Aubière Cedex
tel : 04.73.44.07.38 fax : 04.73.44.06.96
Mel : nils.ferrand@cemagref.fr
Thématique étudiée
Ce projet s'intéresse au développement et à la validation d'outils d'aide à l'analyse et l'évaluation des politiques locales de prévention du risque inondation.
Ce type d'analyse implique le recueil et l'exploitation d'une grande quantité d'informations. Dans une perspective de compréhension ou de prescription, cette information peut être exploitée pour spécifier des modèles fonctionnels utilisables à des fins de test et validation d'hypothèses, ou à des fins d'exploration de scénarios. La mise en oeuvre de ces modèles dans des simulations suppose que l'information soit organisée et capitalisée dans des bases cohérentes. Ce besoin de structuration dans des bases de données constitue en retour une source d'amélioration dans les démarches elles-mêmes, qui se trouvent renforcées par la disponibilité d'outils de collecte et de recherche d'informations. En définitive, l'ensemble ainsi constitué, outil de collecte / analyse - outil de simulation, peut être éventuellement utilisé dans des démarches participatives, avec les acteurs sur le terrain.
Les outils inclus touchent deux thèmes principaux :
1. L'aide à la collecte, l'organisation et la manipulation des informations relatives au territoire, aux représentations des acteurs, et aux acteurs eux-mêmes. Ce système prend essentiellement la forme d'une base de données adaptée à la méthodologie et aux besoins des experts de l'analyse.
2. La simulation des processus multi-acteurs, construit selon une architecture multi-agents, et permettant d'évaluer la cohérence des points de vue, leurs évolutions, et de mesurer l'impact qualitatif de différentes interventions (scénarios).
On est donc dans une problématique aide à l'analyse - simulation d'accompagnement [BOU96].
La formalisation et la simulation s'appuient sur des modèles et systèmes multi-agents [FRB95]. Les agents décrivent les dynamiques d'acteurs, mais aussi la structure des enjeux et leur organisation spatiale.
Les modèles d'agents seront adaptés aux méthodologies d'analyse "acteur" de l'équipe VST [LA96], et aux méthodologies d'analyse territoriale du Cemagref DTMG (et de ses partenaires).
On comparera l'adéquation et l'apport des outils pour les cas VST (projet 23) et pour un cas Cemagref.
Territoire visé, échelle détude
Le territoire visé et l'échelle d'étude retenus par l'équipe VST (projet 23) selon les modalités précisées dans leur projet sont :
St Pierre-Des-Corps
Argenton-Sur-Creuse
Une étude initiée sur le Nord Isère (Bièvre Lière Valloire) par DTMG sera utilisée aussi comme zone de comparaison pour l'adéquation des outils à différentes approches.
Etat de l'art sur le sujet
La thématique touche trois domaines :
Pour l'analyse des politiques publiques, la démarche est de la compétence essentielle de l'équipe VST [LA94, LA96]. Cependant, l'utilisation à cet effet d'outils de simulation renvoit à différents travaux du domaine de la simulation de systèmes sociaux [GT98], et en particulier à ceux relatifs à l'élaboration de politiques [IMA98]. Dans ces travaux, on montre comment on peut d'une part simuler des processus de décision collective en utilisant des modèles d'agent assez frustres, et d'autre part analyser les réponses potentielles des systèmes décisionnels à différents scénarios de politique publique (approche exploratoire et non recherche de solution).
Pour l'aide à l'analyse, et en particulier l'aide à la collecte et l'organisation de l'information, on s'appuiera sur des techniques mixtes entre bases de données et intelligence artificielle. Ces techniques sont actuellement utilisées dans l'industrie pour la capitalisation des connaissances [PO96]. Dans ce projet, il ne s'agit pas de progresser dans ce domaine, mais d'utiliser des outils disponibles : la représentation des systèmes décisionnels pourra s'appuyer sur la méthode KADS [SCH94], l'exploitation des informations acteurs ou des historiques sur des méthodes de raisonnement à base de cas [AAM94]. Ces techniques sont déjà mises en oeuvre au Cemagref LISC dans le cadre de différents projets (FAIR-IMAGES : bases de mesures agri-environnementales, bases de systèmes de décision agriculteurs, PNRZH : bases de diagnostic zones humides, Diagnostic Bièvre-Valloire : base Enjeux / Acteurs).
Pour la simulation sur base multi-agents, on s'inscrit dans la lignée de nombreux travaux, depuis les précurseurs en vie artificielle [LAN89], jusqu'aux travaux récents plus spécifiques du domaine de l'aménagement [SMA98]. En particulier, on reprend ici les orientations des travaux du CIRAD [BOU97] sur la simulation de l'exploitation des ressources naturelles, de l'ORSTOM [PAZ96] sur la simulation de décisions collectives, et de l'INRA [LEB98] sur l'analyse des structures spatiales agricoles. On poursuit aussi différents travaux spécifiques du LISC ([FER97], [IMA98], [GAU98], [AMB98]), qui posent les bases scientifiques et techniques de ce travail.
Les avancées attendues par rapport à l'état de l'art sont :
l'utilisation d'outils de capitalisation de connaissances pour l'analyse de systèmes d'acteurs
l'intégration éventuelle avec des outils de cartographie des enjeux et des représentations, en fonction des avancées des projets 23 et du projet sus-cité du Cemagref DTMG.
le couplage entre des méthodologies d'analyse de politiques publiques et des outils support à base de simulation
Méthodologie envisagée
Le projet se compose de trois phases principales :
Observation et analyse des méthodologies de recueil d'informations terrain et d'interprétation des systèmes locaux
Spécification et développement d'outils d'aide à la collecte et à la gestion des informations
Spécification et développement de simulations multi-agents à partir du substrat précédent
Une phase finale de prospective et d'évaluation des utilisations possibles pour la prescription et les démarches participatives est prévue.
Phase 1 : "Observation et analyse des méthodologies de recueil d'informations terrain et d'interprétation des systèmes locaux"
La première phase vise à un bilan des démarches d'analyse, dans leurs différentes composantes, pour en identifier les besoins précis d'assistance d'une part, et les éléments caractéristiques (descripteurs) des dynamiques territoriales et dynamiques d'acteurs d'autre part. C'est en fonction de cette première phase que l'on concevra la base de données support aux outils de collecte, et que d'autre part on spécifiera précisément la classe de modèle multi-agents utilisée.
Afin de réaliser cette analyse, on s'appuiera sur trois sources :
Des entretiens méthodologiques avec les groupes de praticiens (VST & DTMG)
Des documents, articles, guides techniques qui auraient précédemment été édités
Un suivi ponctuel d'enquêtes et analyses en cours
On procédera de façon parallèle avec les deux équipes partenaires, en recherchant à la fois les éléments partagés et les différences. Il ne s'agit pas de comparer les approches.
La détermination des besoins se fera de façon conjointe par interrogation des experts sur leurs attentes et par proposition par les analystes.
On distinguera tout d'abord la nature des différentes informations recueillies et manipulées : cartes, chroniques, "dires" d'acteurs, textes réglementaires, etc... Puis on déterminera les régularités dans la structure de ces informations et dans leur organisation. On identifiera alors les besoins précis en terme de soutien à l'analyse. On pourra alors faire une première proposition aux équipes VST et DTMG, et engager une discussion sur les spécifications.
Cette analyse, de type "système d'information", sera réutilisée a posteriori pour la définition du modèle multi-agents.
En particulier, à partir de l'expérience de projets antérieurs, de différentes discussions préalables, et de documents déjà disponibles, on peut proposer les trois sous-structures suivantes :
Une partie du système d'aide portera sur les enjeux et représentations de la scène par les acteurs. Dans un système en cours de développement par ailleurs [GAU98], nous avons organisé cette information en fonction de descripteurs individuels assez simples (localisation, nature, rang), mais surtout en définissant bien les interactions entre enjeux, sous la forme de règles d'influence qualitative. Nous ne proposons pas ici d'intégrer le développement spécifique d'outils de cartographie, dans la mesure où ils sont déjà largement disponibles. La prise en compte de l'espace se fera par le jeu des interactions dues à l'espace (voisinage). La topologie prendra la forme de graphes d'influence. Le lien avec un travail cartographique pourra être envisagé via le partenariat de DTMG avec le CRENAM. Un substrat SIG est possible aussi pour l'ancrage des enjeux sur des données socio-économiques disponibles.
Les informations seront ici de deux types : des enjeux identifiés à partir de démarches systématiques et de catégories a priori proposées par des experts, et des représentations issues de dires d'acteurs et caractérisant des systèmes d'intérêt. L'origine de l'information "enjeu" sera bien identifiée, de manière à distinguer ce qui est intrinsèque au territoire (bien qu'identifié par un expert), et ce qui est propre à un point de vue. Cette distinction servira ultérieurement pour construire dans le système multi-agents l'environnement (au sens multi-agents : partie non couplée) et les agents-enjeux (couplés).
Cette ensemble d'informations, intitulée "base de données enjeux" permettra dans la troisième partie de construire les états initiaux des systèmes multi-agents représentatifs des systèmes d'enjeux.
Une deuxième partie du système d'aide à l'analyse pourra porter sur les acteurs et leurs interactions. On constituera ici un base de données descriptives des acteurs identifiés comme pertinents. Cette description s'appuiera sur les modalités d'enquête utilisées. Par exemple, dans l'approche VST [LA96], on trouvera des informations sur qui est l'acteur, comment il définit le problème, quel est l'enjeu selon lui, quels sont ses objectifs, quelles sont les ressources mobilisées (économique, politique, légale, cognitive), quelle est sa perception de certains autres acteurs, quelle est sa stratégie. Le contenu précis de ces informations est déjà largement précisé dans des guides méthodologiques, mais on construira un cadre représentatif par analyse et catégorisation sur des ensembles de fiches disponibles.
Enfin, une troisième partie pourra inclure les historiques des processus de décision (analyse chronologique selon [LA98]), tels que collectés par les experts. L'outil servira ici à la fois à l'organisation de l'information collectée, mais aussi surtout à la collecte elle-même. En effet, au moyen de la structure relationnelle de la base de donnée, et à la condition de disposer d'une interface adaptée, l'expert pourra associer rapidement les informations relatives à un évènement, un acteur, un enjeu, et aux sources d'informations utilisées. Un visualisation globale selon les schémas retenus sera proposée. Cette partie, exploitée de façon synchronique, pourra donner une image des interactions entre acteurs.
Ces trois parties sont celles que l'on retrouvera probablement, mais elles seront validées et enrichies au cours de cette première phase. Elles ont entre elles de fortes interactions, et permettent d'alimenter les modèles ultérieurement développés.
A l'issue de cette première phase on disposera donc d'une description complète des systèmes d'informations utilisés, des besoins manifestés, et de l'utilisation effective qui en sera faite.
On prévoit une période de 6 mois pour cette phase, en recouvrement avec la phase 2. Le recouvrement est rendu nécessaire par les modifications et expressions nouvelles de besoins que l'on peut attendre après la présentation de premières versions développées en phase 2.
L'activité consistera essentiellement à des réunions entre analystes et praticiens, suivies de synthèses. Il est prévu deux réunions communes à l'ensemble des équipes pendant cette phase.
Un premier document de synthèse est prévu à 4 mois, avec validation à 6 mois.
L'ensemble de cette phase 1 sera précédée d'une phase 0, peu active, au cours de laquelle on suivra ponctuellement (participation à quelques réunions) les travaux du projet 23 et du projet DTMG / HHLY / CRENAM. Cette phase 0 servira essentiellement de prise de contact.
Phase 2 : " Spécification et développement d'outils d'aide à la collecte et à la gestion des informations"
La deuxième phase vise à développer les outils eux-mêmes. Elle est évidemment largement conditionnée par la première. Les développements se feront essentiellement sous Microsoft ACCESS pour faciliter l'utilisation par tous les partenaires. Les développements complémentaires se feront en langage Java. L'ensemble prendra la forme d'une base de données unifiée. On portera une attention particulière aux interfaces, avec deux publics potentiels : les praticiens et a posteriori les acteurs si une extension participative est envisagée.
Le lien et la coordination avec des outils de cartographie sera étudiée avec les partenaires. Une visualisation cartographique de base est déjà possible à partir d'ACCESS avec des outils développés au LISC (en Java). Un lien avec ArcInfo est possible par ce biais.
Cette phase inclut aussi l'intégration des outils de simulation développés dans la phase 3 ; c'est pourquoi une durée globale de 8 mois est prévue. On distingue les sous-tâches suivantes :
- spécification initiale : 1 mois
- prototype démonstrateur : 2 mois
- version "collecte" complète : 3 mois
- intégration de la simulation multi-agents : 2 mois
Cette phase délivrera un document de spécification, un prototype, une version finale et un document d'utilisation.
Elle démarrera 3 mois après le début de la phase 1.
Phase 3 : " Spécification et développement de simulations multi-agents à partir du substrat précédent"
La troisième phase portera sur le développement et la validation du système de simulation multi-agents. Le système à développer inclut deux composants distincts:
Le noyau de simulation multi-agents
L'interface et l'environnement d'exploitation
Ce système est destiné essentiellement à une utilisation "au laboratoire", pour permettre aux experts praticiens d'analyser la sensibilité globale du couplage système d'enjeux spatialisés / système d'acteurs.
La méthodologie générale d'analyse est la suivante (adapté de [FER98]) :
Méthodologie pour lanalyse et la modélisation multi-agents (AMMA)
La démarche que nous allons décrire nest pas strictement séquentielle. Les résultats de certaines phases peuvent conduire à remettre en question des phases antérieures.
Définition du problème et du système cible : La phase préliminaire consiste à identifier le problème à résoudre, à délimiter le système à étudier, et à rassembler ou contacter les experts compétents pour démarrer la modélisation. Cette phase, en particulier pour la décision publique en aménagement, peut elle-même justifier un travail concerté, et même faire lobjet dun outil spécifique. En effet, dans les procédures publiques, lidentification et la délimitation de lobjet dune décision est souvent problématique.
Identification des agents et de lenvironnement : Dans cette phase, les experts déterminent quelles entités il est pertinent de séparer, et ainsi quels sont les agents et leurs types. Lensemble des composants qui ne sont pas des agents constitue lenvironnement. La spécification dun agent est justifié lorsque le comportement de lentité quil décrit est fonction dautres agents et de lenvironnement, et que son comportement individuel peut être explicatif ou orienter laction. Le plus souvent cette identification est directe, et est analogue aux entités physiques du système considéré. Mais il est parfois justifié dagentifier des groupes dentités, des concepts, ou des processus globaux. Le formalisateur doit assister les experts dans cette tâche.
Définition des descripteurs : Les experts doivent préciser ce qui caractérise les types dagents ; en dautres termes, donner leurs variables détat. Celles-ci peuvent être quantitatives (taille, population, localisation), qualitatives (satisfaction, danger), ou symboliques (connaissances, intentions). De même, lenvironnement est décrit par un ensemble de variables.
Définition des dynamiques propres : Les experts décrivent les dynamiques des agents indépendamment de létat des autres agents et de lenvironnement. Il sagit des trajectoires " balistiques ", du comportement intrinsèque, " naturel ", tel quon lobserverait pour cet agent sorti de son contexte. Ces dynamiques propres sont souvent vides.
Modes dinteractions : Les experts précisent quels agents peuvent interagir avec quels autres. Ils déterminent aussi les conditions dactualisation de ces interactions, cest-à-dire dans quelles situations elles deviennent actives. De même pour lenvironnement, on précise dans quel cas il influe sur chaque agent.
Définition des dynamiques interactives : On précise linfluence des interactions sur un agent, cest à dire quel effet une interaction particulière a sur les descripteurs dun agent. On précise le mode de couplage avec les dynamiques propres (addition, max, résolution logique).
Définition des adaptations : Les différents descripteurs, modes dinteractions et dynamiques proposés peuvent évoluer au cours du temps et en fonction de létat du système. On peut donc proposer des " dynamiques du deuxième ordre ", qui vont modifier la structure du système pour traduire ces évolutions ou adaptations.
Initialisations ou référence : Afin de pouvoir mettre en uvre le modèle ainsi construit, on précise enfin quelle est la situation de référence, létat initial pris en compte, ou, à défaut, quelles situations doivent être explorées.
Choix des observables, indicateurs : Un modèle multi-agents peut être exploité soit en " base individu ", où lon suit des individus isolés, soit par " images globales ", où lon observe une représentation particulière de lensemble des agents, soit par " variables agrégées " ou " indicateurs ", où on calcule des indicateurs particuliers intégrant létat de différents agents. La stratégie dexploitation et le mode dobservation doivent ainsi être précisés par les experts ou les utilisateurs.
Procédure de mise en uvre, activation : Par construction, un modèle multi-agents est prévu pour être activé dans un processus parallèle, cest-à-dire les différents agents en même temps, par opposition à une activation séquentielle. Cependant, en fonction des ressources informatiques dont on dispose, on peut préférer un parallélisme simulé, dont la stratégie de mise en uvre influe sur les résultats obtenus. Ce choix appartient essentiellement au formalisateur / concepteur, mais les experts peuvent préciser des hypothèses sur lexistence de sous-systèmes dont on veillera à conserver le parallélisme.
Implantation, utilisation : La phase finale consiste à traduire le modèle conceptuel dans une implantation particulière, à partir dune plate-forme générique, ou par des développements spécifiques. Le système multi-agents ainsi construits, et muni dune interface adapté, peut alors être utilisé soit par les utilisateurs finaux, soit avec lassistance du concepteur.
La méthodologie ici décrite est fondée sur les agents et les interactions. Les organisations ne sont pas rendues explicites en tant que structure identifiée dans le modèle. Elles se traduisent par les formes dinteractions, et les enchaînements de dynamiques. Il existe des approches alternatives qui imposent le choix dune organisation décrite formellement comme une structure " vide ". Les " places " de cette organisation doivent alors être remplies par des agents dun type donné. On retrouve ici la distinction classique en sociologie entre des modèles " weberiens " (individu centrés), et " durkheimiens " (socio centrés).
Le noyau multi-agents s'appuiera sur des éléments développés précédemment dans le cadre de recherches en cours au Cemagref LISC. On distingue la structure multi-agents (choix d'une architecture) et sa spécialisation pour le système ciblé.
Le choix de la structure sera fait en accord avec les éléments identifiés dans la phase 1. En fonction des informations déjà collectées, on peut penser que le système d'enjeux et représentations sera modélisé par des agents réactifs (pas de dynamique issue de délibérations ou de mémoire), que le système d'acteurs sera modélisé par des agents délibératifs de type "but - plans - ressources" (de type BDI : "belief - desire - intentions"), qui semble correspondre à l'analyse faite, et que les historiques seront exploités pour inférer des règles comportementales types.
Le système ne comportera pas de simulation des négociations ; il s'agira de visualiser qualitativement les réponses possibles à différents scénarios soit évènementiels (inondation) soit socio-politiques (réorganisation, introduction de nouveaux acteurs, effets de dispositifs d'information ou de coopération). A ce titre, les agents représentatifs d'acteurs auront un rôle de porteur d'intérêt dans le système, et à cet égard, constitueront un canal complémentaire d'interaction entre les enjeux. La différence est que les modalités d'interactions pourront varier en fonction du contexte général ou de la situation individuelle.
L'interface sera conçue de manière à permettre des observations similaires à celles faites sur le terrain par les praticiens ; c'est-à-dire que l'on proposera des vues en base individuelle, des informations statistiques et des représentations spatialisées sous forme de graphes. La cartographie précise ne sera réalisée qu'à la condition d'un couplage possible avec les travaux du CRENAM.
L'interface sera développée en deux temps : tout d'abord de façon indépendante pour les besoins de la validation, puis en couplage avec la base de collecte pour envisager à terme une visualisation directe des effets de modifications sur la base initiale.
Une fois l'ensemble achevé, des tests seront réalisés afin de critiquer la portée des résultats obtenus, et de proposer des améliorations.
Le système sera développé en langage Java, en utilisant des bibliothèques déjà disponibles au LISC.
On prévoit 8 mois pour cette phase, qui doit débuter à l'issue de la phase 1, et donc au tiers de la phase 2.
Les sous-tâches sont :
Spécification et développement d'une version prototype avec interface spécifique (5 mois)
Couplage avec la base de collecte (2 mois)
Test et critique (1 mois)
On notera qu'en fonction des contraintes de chacun des projets conjoints, il n'est pas possible de prévoir l'utilisation effective du système cible pour ces projets. Tout au plus peut on imaginer des tests ex-post conduisant à des projets ultérieurs adaptés en terme de planning.
En conclusion de ce projet, on envisagera les possibilités d'utilisation participative sur les scènes locales de négociations. On proposera en particulier les modifications à apporter et les démarches à envisager dans cette perspective.
En complément, l'ensemble de la démarche donnera lieu à différentes publications et à des communications vers les praticiens des différents organismes concernés.
Un rapport final sera produit, ainsi qu'un manuel pratique d'utilisation.
Ce projet sera coordonné par le LISC, qui fera réaliser les analyses (phase 1) par des chercheurs permanents, puis qui coordonnera les développements des phases 2 et 3 réalisés par des personnels temporaires assistés d'un ingénieur informaticien permanent.
Les équipes VST et DTMG participeront essentiellement à la phase 1 pour l'analyse, puis aux différentes étapes de validation et de test.
La durée globale du projet est de 13 mois (pour les deux phases financées), à partir du début de la phase 1. Un décalage de 6 mois est prévu au démarrage avec le début du projet 23.
Synergies pluridisciplinaires envisagées
L'ensemble du projet concerne essentiellement des spécialistes de l'analyse des politiques publiques et du développement local et des modélisateurs (bases de données, extraction d'expertise, systèmes multi-agents).
La prise en compte du risque se fera par l'intermédiaire des analyses territoriales réalisées. La cartographie des aléa n'est pas de notre ressort.
On prévoit d'ouvrir les réunions de travail y compris aux partenaires "externes" de VST et DTMG. Une synergie est en particulier envisagée avec les recherches inondabilités de l'équipe HHLY et les travaux sur la cartographie des représentations par le CRENAM.
Résultats envisagés
Le résultat du projet est un système informatique prototype dédié à l'aide à l'analyse des politiques locales de prévention du risque.
Les résultats théoriques attendus sont essentiellement relatifs à l'analyse. Pour les experts de l'analyse des politiques et du développement, le système développé doit permettre tout d'abord de faciliter la collecte et l'organisation de l'ensemble complexe d'informations qu'ils utilisent dans leur démarche. Il doit aussi permettre d'explorer un certain nombre de scénarios à la fois contextuels (réglementations, modèles d'aléa) et sociaux. On peut espérer disposer d'une représentation significative des problèmes de cohérence des aménagements, ainsi que des conflits directs (via l'espace ou les ressources) ou indirects (via les systèmes institutionnels).
On peut espérer que sur la base de ce système initialement dédié aux experts, on puisse rapidement élaborer un système dédié à l'aide à la gestion et la définition des politiques. On fait ainsi l'hypothèse que l'organisation et le rendu dynamique des connaissances sur le système peut faciliter la négociation autour du risque.
Modes de valorisation et de transfert des connaissances envisageables auprès des praticiens
Ce projet est conçu en soutien aux praticiens. Le transfert de connaissance et la valorisation se feront par le biais de différentes communications dans des colloques ou revues.
Une réunion technique pourra être organisée si les résultats paraissent probants.
On notera cependant que les différentes approches méthodologiques sont spécifiques et résultent avant tout d'un savoir-faire, et que donc on ne peut espérer constituer le système en outil indépendant des experts qu'il assiste.
Un résultat probant du projet donnerait lieu à une soumission européenne en 2000.
Dans le cadre de lanimation du programme " Risque Inondation ", il est prévu un ensemble de réunions de coordination :
avec les partenaires du projet 8 : des réunions de confrontation des projets (objet, méthodes, concepts, outils, notamment dans le domaine multi-agent),
une présentation du projet lors de latelier thématique " Gestion du risque et aide à la décision ", prévu vers mai 99
Il est bien noté lexistence dune opération de valorisation finale du programme , à laquelle le projet sassociera.
Références bibliographiques récentes des demandeurs
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[FER98] Ferrand, N., Deffuant, G., 1998, Trois apports potentiels des approches " multi-agents " pour laide à la décision publique. In Actes du Colloque "Gestion de territoires ruraux -Connaissances et méthodes pour l'aide à la décision publique". Antony : Cemagref, avril 1998.
[GA98] Gaume, F., Fallet, B., et al., 1998, Aide à l'aménagement durable : approche multi-agents pour un modèle Enjeux / Acteurs. Colloque "SMAGET - Bilan et applications des approches multi-agents pour la gestion de l'environnement et des territoires", 5-8 octobre 1998.
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Cognitive-Map-Based Prospective Model for thinking about future Rural Development Policies
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Equipes, nom des personnes impliquées, part de temps de chacun consacrée au projet
Le Cemagref LISC coordonne, assure la gestion d'ensemble des données, l'analyse multi-agents, le développement et l'utilisation des systèmes. Il participe, à leur demande, aux réunions des projets terrain de DTMG et VST.
La division DTMG fournit un cas étudié selon son approche, et participe à la définition et l'évaluation des outils afférents. Elle assure l'interface avec le projet commun à Cemagref HHLY et CRENAM.
L'équipe VST conduit le projet 23, et en présente la démarche au LISC. Elle évalue et teste les systèmes proposés.
Cemagref LISC Clermont-Ferrand :
Nils FERRAND, CR, coordinateur, modèles multi-agents, 45 jours
Stephan BERNARD, IE, bases de données, développement, 30 jours
Sylvie VIVIEN, TR, analyse, modèles d'acteurs, 20 jours
Guillaume DEFFUANT, IR, responsable du LISC, suivi scientifique, 10 jours
Temporaire 1, développement de l'outil collecte, 6 mois
Temporaire 2, développement multi-agents, 6 moisCemagref DTMG Grenoble :
Thérèse PERRIN,
Bruno FALLETVST, CESA, Tours :
Corinne LARRUE
Francesca DI PIETRO
Marie-Pierre LEFEUVRE
Moyens logistiques
Informatique
1 poste par participant permanent déjà acquis
2 portables disponibles
1 projecteur numérique disponible
1 poste par participant temporaire, à acquérir
Partenaires locaux concernés par la recherche
Contacts par le biais du projet 23 par Mme Corinne LARRUE
Contacts cas d'étude DTMG
Budget
Equipement : 2 x ½ ordinateur pers. Temporaire avec licence ACCESS 10.000
Fonctionnement : salaires temporaires type stagiaire (3 x 5 mois) 30.000
Missions 35.000
Gestion, fonctionnement, frais de siège 25.000
TOTAL PROJET 100.000
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